Mardi 17 novembre 2009



7h15, je pars de chez moi, un air de valse argentine en tête. Dans l’ascenseur, une charmante voisine ajuste ses bas résilles en me souriant joliment. L’instant est trop court. Dans le hall d’entrée, le facteur peaufine son ocho cortado devant le miroir mural. Il nous salue d’un geste distrait.

Mon taxi m’attend dehors, je m’installe. Le chauffeur, attentionné, me demande si je suis d’humeur vieille garde, âge d’or ou nuevo. J’ai envie de me laisser emporter par le souffle si particulier de l’harmonica sur fond de guitare : ce sera Hugo Diaz ! 

Pas moins de quarante minutes plus tard de vérités échangées sur le style comparé des grands orchestres de la belle époque, sur nos plus beaux souvenirs de connexion dans le bal et sur la situation économico-touristique du Rio de la Plata (ah les taxis !), nous arrivons à l’aéroport.

Dépose des bagages, carte d’embarquement, direction porte A. Une femme devant moi quitte ses chaussures et les place dans un bac en plastique. « 9 cm tes talons ? » l’interroge son amie. Quelques mètres pour traverser le portique de sécurité, on s’avance lentement, les mains à la ceinture, malléoles et genoux se rejoignant à chaque pas, la pointe des pieds dessinant un trait droit au sol. De l’autre côté, pour la fouille du vigile, les bras se lèvent en abrazo. « Tour à droite » nous dit-il. On s’exécute, ornant parfois le tour d’un arastre.

L’avion décollera à l’heure. Tandis qu’il se met en mouvement, on nous demande de suivre les consignes : gilet de sauvetage, masque à oxygène, ancrage au sol et surtout toujours bien rester conscient de son axe, essentiel pour un bon guidage dans la danse ! A peine une heure s’écoule avant un atterrissage en douceur, sous les applaudissements et les « Esa ! » des passagers.

A l’arrivée, un orchestre entame Asi se baila el tango pour accueillir les voyageurs qui en attendant leurs bagages improvisent une milonga sur ce sol qui glisse si bien. Mon téléphone vibre au son de Mi Buenos Aires Querido, je décroche : mon collègue veut s’assurer que je suis bien arrivé. Je le rassure, je serai là à dix heures pour notre réunion…

 

Voici comment débutent mes journées depuis que l’UNESCO a classé le tango patrimoine immatériel de l’humanité le mois dernier !


 

 

 



Par Ile - Publié dans : Nos tangos - Communauté : L'érotisme dans tous ses états
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Mercredi 11 novembre 2009

Epidémie de tango chez les libertins de notre entourage. Je ne parle pas de ceux qui, ici ou ailleurs, se disent tentés par l'expérience, mais à plusieurs couples de notre connaissance qui ont un jour franchi le pas et ont poussé la porte d'une association pour y prendre leur premier cours.

Il est vrai que nous nous livrons à un prosélytisme effréné, tant nous prenons plaisir à partager notre passion commune. Nous aimerions croire que notre charme irrésistible convertit instantanément ceux à qui nous avons infligé démonstration ou initiation, mais il faut sans doute chercher l'explication ailleurs.

Qu'est-ce qui pousse de plus en plus de gens, aux quatre coins du monde, à se réunir après une rude journée pour pratiquer ensemble une discipline exigeante, ingrate dans les premiers temps, sur de vieux disques qui craquent ? Il n'est plus guère de ville en France qui ne compte son petit noyau de mordus prêts à parcourir des kilomètres pour quelques instants de bonheur sur un parquet bien lisse.

Ce n'est pas un tango spectaculaire et exhibitionniste qui attire ces danseurs de bal, mais un contact intime et tendre, une connexion profonde avec l'autre, la musique et, dans le meilleur des cas, l'ensemble des danseurs. Vision charmante des couples  enlacés, parfum de son partenaire, effleurement des corps, mélodie de l'orchestre, combien d'activités mettent ainsi la plupart de nos sens en éveil ?

Rien d'étonnant dès lors à ce que les libertins en quête de belles rencontres et de sensations douces ou fortes, se montrent particulièrement sensibles à l'appel du bandonéon.








Par Aile - Publié dans : Nos tangos - Communauté : Sensualité & Simplicité
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Mercredi 4 novembre 2009
Succombant à l'enthousiaste pression collective, Aile qui trouvait que cela ne lui correspondait pas du tout, "passé l’âge", "pas sérieux", et que "non non non pas question" a finalement osé, ce week-end, le short et les bottes…

 





Bravant sa pudeur légendaire, elle a accepté une séance photo ainsi vêtue, gardant quand même l'impression de poser nue en pleine rue.






Et à dire vrai, si j'en juge à l'effet produit sur moi, l'impression n'était pas totalement infondée.




 


En tous cas, il me fallait vous le dire, chers ami(e)s-copains-copines, merci à tous, vous comptez beaucoup pour moi et je ne vous oublierai jamais !!! 






 
PS : ah, au fait, Aile vous a-t-elle déjà dit qu’elle ne mettrait jamais de mini-jupe écossaise avec des couettes ? « Jamais de la vie », elle a dit…

 


Par Ile - Publié dans : Sentiers libres - Communauté : L'érotisme dans tous ses états
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Mardi 27 octobre 2009

Ile possède une qualité rare : il adore faire les boutiques.

Il aime s'habiller. Depuis quelques temps, sa préférence va aux rayons sous-vêtements - il ne manque jamais une occasion d'enrichir son impressionnante collection de caleçons - et aux boutiques gays dans lesquelles il trouvera le débardeur incontournable, le jean dont il rêvait.

Il est sensible aux matières et a le souci du détail : j'ai depuis longtemps renoncé à saisir certaines subtilités concernant le col d'une chemise, la place d'une couture. Son seul défaut : il oublie parfois de jeter un oeil à l'étiquette...

Mais il est également doué d'une patience infinie pour m'accompagner dans des boutiques obscures où je dénicherai la robe XXS dont j'ai absolument besoin pour la prochaine milonga.

En contrepartie, je me prête de bonne grâce à l'essayage de trucs immettable. Il m'arrive parfois de céder, mais une chose est certaine : jamais il ne me convaincra de sortir dans la rue avec un mini-short et des bottes !





Par Aile - Publié dans : Un peu de nous - Communauté : Sensualité & Simplicité
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Dimanche 18 octobre 2009

Nous arrivons souvent en retard chez nos amis. Il y a toujours des indications qui m'échappent. Parfois même, nous nous perdons.






Je crois que c'est un peu la faute de ma co-pilote.

Par Ile - Publié dans : Un peu de nous - Communauté : L'érotisme dans tous ses états
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Lundi 12 octobre 2009








La lune était pleine de nous.


Belle et pure, douce et forte.


Nous resterons à chaque endroit que vous savez.


Notre âme y a été si bien attendue...











Par Ile - Publié dans : Sentiers libres - Communauté : Sensualité & Simplicité
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Mardi 6 octobre 2009

Dans son Guide des amours plurielles, Françoise Simpère propose le terme de "lutinage" pour désigner le mode de vie de ceux qui mènent des relations sexuelles, intellectuelles ou affectives avec plusieurs personnes. Le mot, dépourvu de la connotation mercantile de l'échangisme ou cynique du libertinage des siècles passés, est séduisant. Il suggère bien la part de légèreté et de fantaisie que les "lutins" tentent d'introduire dans leur quotiden.

Il ne doit pas masquer pourtant les interrogations inévitables que suscite un tel mode de vie. Les lutins que nous avons rencontrés ne sont pas des jouisseurs avides et sans scrupules, mais des personnes sensibles qui s'interrogent sur les conséquences de leurs actes pour les autres et pour eux-mêmes. Tous placent le couple comme centre et but ultime du lutinage, et en cela nous diiférons de Françoise Simpère, pour qui il n'y a pas de hiérarchie entre les relations.

Phases de doutes, de baisse du désir, de jalousie quoiqu'on en dise, la vie des lutins n'est pas un long fleuve tranquille, et il est toujours plus confortable de rester planté sur son canapé que d'aller au devant de nouvelles rencontres. On ne se défait pas en quelques semaines de siècles de culpabilité judéo-chrétienne, ni de l'illusion romantique du couple fusionnel qui se suffit éternellement à lui-même.

Mais si l'on fait la part des choses, nul doute que la complicité, le plaisir et l'enrichissement qu'apporte un tel mode de vie vaut bien un peu de stress et quelques appréhensions. Et puis il est des moments de grâce où tout devient simple, où les interrogations s'évanouissent, pour ne plus laisser place qu'au bonheur d'être ensemble.






Par Aile - Publié dans : Sentiers libres - Communauté : Sensualité & Simplicité
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Mardi 29 septembre 2009

Tout a commencé par un message plutôt laconique me proposant d'"alimenter sa dernière galerie : six mètres carrés". Nous avions rencontré Charles lors d'un dîner entre amis libertins. Son Château avait suscité en moi cette fascination trouble exercée par une certaine esthétique décadente, et j'avais accepté sa proposition en me gardant bien de trop y réfléchir, alors même que l'idée de poser pour quelqu'un d'autre qu'Ile me terrifiait.

Il m'avait demandé de mettre la robe rouge que je portais la dernière fois qu'il m'avait vue. Je n'aurai donc pas à poser nue, enfin, pas tout de suite... Une fois chez lui nous avons bu un thé - j'avais décliné le café pour ne pas ajouter à ma fébrilité - en discutant de sujets anodins. Au bout d'un moment pourtant, il a bien fallu descendre dans cette fameuse cave.

Tout s'est alors déroulé de façon très naturelle. Charles m'avait expliqué qu'il était très directif  et que la difficulté consistait à tenir la pose. Ce travail d'équilibre et de concentration m'était familier et me convenait parfaitement. Je n'ai eu aucun mal à me dévêtir, guidée par sa voix chaude et professionnelle, et j'ai été surprise du plaisir que je prenais à ces postures étranges dont le sens m'échappait . Comme sur la scène obscure d'un théâtre, le jeu consistait au fond à sortir de soi-même, être autre pendant quelques instants.

Seule la tiédeur de ses mains sur ma peau pour rectifier une position, contrastant avec le mur rude et froid, me rappelait qu'il ne s'agissait pas tout à fait d'une séance comme les autres, et qu'il s'en faudrait de peu pour qu'un glissement s'opère...

De l'expérience, au-delà de la fierté d'avoir surmonté un nouveau défi, je retiens cette phrase que Charles m'a écrite après coup en réponse à mes impressions : " ll est un courant en photographie qui dissocie le résultat  de l'acte photographique. J'y souscris de plus en plus..."








Par Aile - Publié dans : Sentiers libres - Communauté : Sensualité & Simplicité
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Mardi 22 septembre 2009

Un mois et demi sans tango. Ile, qui sait qu'en manque de danse ou de câlins je frôle la déprime, m'envoie à la milonga du vendredi soir. La semaine a été longue, et je suis épuisée d'avance à l'idée de tout ce qu'il va falloir faire avant de se retrouver sur la piste de danse. Mon lit avec un bouquin me paraît infiniment plus attirant que la nuit dehors, la voiture, le parking souterrain, la marche sur les pentes...

De toute façon, c'est sûr, je suis trop fatiguée pour en profiter. Je danserai mal, et je serai encore plus déprimée. En plus, il n'y aura personnes, il y a un bal en plein air demain. Et si, tout simplement, l'envie m'avait quittée ? Il faut que je sache. A minuit, au plus tard, je serai rentrée.

Il n'y a pas beaucoup de monde, mais les danseurs arrivent peu à peu.  Constat rassurant : le tango, c'est comme le vélo, ça ne s'oublie pas. Bien sûr on est un peu tendu, un peu gauche au début. Mais la mémoire du corps est infaillible, et la fluidité revient. Peut-être même qu'avec le temps, le tango s'est un peu épuré. Cet ancrage que je cherchais depuis un moment, je le tiens enfin.

L'absence d'Ile, si elle étonne, rend certains plus téméraires, et je ne quitte la piste que pour échanger quelques mots. Il y a comme un air de retrouvailles,  je n'aurai pas le temps de danser avec chacun.

Minuit, il faut partir. Le danseur que je viens de quitter me réclame une ultime milonga, nous enchaînons sur la série. Un tanguero qui se contente habituellement de regarder m'invite enfin ; Il est sicilien et ténébreux à souhait, comment résister ?

Une heure, je rentre enfin. Ile constate, amusé : " Ils t'ont épuisée tous ces hommes !" J'ai dansé trois heures presque sans m'arrêter. Je suis affamée, je n'en peux plus, mais je suis bien. Dis, on y retourne dimanche ?




Dansons, dansons,

jusqu'à ce que l'orchestre s'en aille !


Le tango parfume la nuit,

un tango doux qui dit adieu.

La phrase silencieuse se dessine

sur les lèvres et le tango chante l'au revoir

Allons !... Dansons !...

Peut-être ne la reverras-tu jamais,

et l'ultime tango parfume la nuit

et c'est le tango qui dit les adieux...


Dansons, dansons,

jusqu'à ce que l'orchestre s'en aille !


Il restera le salon vide

et un paquet d'espérances

qui chemineront vers l'oubli...


  Trad. J-L. Thomas


La version originale de ce tango d'Homero Esposito, et de jolis mots sur la "Passion tango" sur le superbe Blog'Ima'Jill.



Par Aile - Publié dans : Nos tangos - Communauté : Sensualité & Simplicité
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Mardi 15 septembre 2009


Il n'est pas toujours simple de faire des photos, même plutôt sages, en milieu urbain et les situations cocasses ne manquent pas.

Ile avait repéré cet escalier au cours d'une de nos promenades. Nous avions juste négligé un petit détail : situé juste en dessous du Sacré-Coeur, il déversait même à cette heure assez tardive des cars entiers de touristes.

Le matériel photo d'Ile n'est pas particulièrement discret et ne manque pas de susciter une certaine curiosité. Il y a les gens qui s'arrêtent pour discuter photo, ceux qui dévisagent le modèle d'un air entendu et font part de leurs commentaires, ceux qui veulent être sur la photo... Ce soir-là, il y avait même une vieille dame qui s'était plantée devant Ile pour contempler... le sourire du photographe !

Autant dire que pour parvenir à ce cliché





il nous a fallu faire preuve d'une bonne dose de patience, et s'asseoir une fois de plus sur ma pudeur naturelle !




 

 

Par Aile - Publié dans : Un peu de nous - Communauté : Sensualité & Simplicité
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Libertango, Ile et Aile

16sept22.jpg









Nous dévoilons ici une part intime de nous-même parce que cela contribue à l'épanouissement de notre couple.

Nous suggérons des parallèles entre tango et libertinage car la frontière entre les deux est parfois mince et nous l'avons franchie un jour. Pourtant ces deux univers sont pour nous distincts et nous souhaitons qu'ils le restent.

Si vous nous reconnaissez, quel que soit le regard que vous portez sur ces pages, merci de votre discrétion.

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